Ouvrage L Alchimiste De Paulo Coelho Critique Essay

Nous l’attendions avec impatience. Adultère, le dernier roman de Paulo Coelho, se déroule à Genève, lieu de résidence du romancier brésilien depuis huit ans. L’auteur de L’Alchimiste - plus de 65 millions d’exemplaires vendus - met en scène Linda, jeune journaliste mariée, qui entame une aventure avec Jacob, un flirt d’adolescence devenu Conseiller d’État. Le tout garni d’anecdotes expliquant les spécificités suisses et genevoises pour les non-initiés.

Malheureusement, Adultère déçoit, et pas en bien. Son auteur, mis en valeur sur cinq pages par l’Hebdo de ce jeudi et accusé par Le Matin de ce vendredi de «cracher sur Genève», semble avoir conçu ce livre à la va-vite, commettant des bourdes laissant le lecteur pantois.

Sans s'appesantir sur l’intrigue, aussi banale que mal ficelée, la pauvreté de la langue (abus de phrases comportant les verbes «être», «avoir» et faire»), le style indigeste farci de commentaires bien-pensant («Le grand problème est que les gens croient aux livres et aux films»), ou encore le mauvais goût (le dealer de rue qui, philosophe, refuse de vendre de la drogue qui pourrait servir pour nuire à autrui), on reste surtout estomaqué par les incohérences sur le fonctionnement des gouvernements genevois et suisse et par les termes erronés employés pour les décrire. De la part d'un auteur établi à Genève depuis fort longtemps, soucieux de surcroit d’expliquer «la Suisse pour les nuls» à ses lecteurs étrangers, ces erreurs sont impardonnables. Florilège:

Leçons ratées de politique suisse

L’un des personnages, Jacob König, 30 ans, vient de se faire réélire en tant que conseiller d’État. Cela signifie qu’il a accédé au gouvernement à 26 ans. De quoi faire passer les petits jeunes de l'Exécutif genevois Pierre Maudet et Antonio Hodgers pour deux vieux briscards.

Lors de sa réélection, ce même Jacob «a obtenu une honorable troisième place, ce qui lui donnera le droit d’entrer au gouvernement – si le parti le décide» Double incohérence: Jacob étant déjà conseiller d’État, (comme on l’apprend plus tôt en l’entendant narrer son parcours à la journaliste: «A un certain moment, j’ai pensé que je pouvais présenter ma candidature comme membre du Conseil d’État de Genève. (…) J’ai été élu.»), il n’ «entre» pas au gouvernement, il y reste. Et s’il est est élu, c’est que son parti l'a déjà formellement désigné comme son poulain.

Jacob étant conseiller d’État, le qualifier par le terme «député» est impropre, ce terme désignant un membre du Législatif.

Journaliste à Genève? Le métier le plus rasoir du monde

«Le journalisme à Genève, avec ses 195’000 habitants, ce sera 200’000 à un autre moment du livre (ndlr: L'auteur fait référence à la population résidant en Ville de Genève. Le canton compte plus de 476'000 habitants selon l'Office cantonal de la statistique), est ce qu’il y a de plus ennuyeux au monde». En gros, rien d’intéressant n’arrive par ici. S’il y a un «braquage», il ne se fait «pas à main armée». Les votations concernent la couleur des sacs poubelles («Le noir l’a emporté»). Aucun scandale sexuel de politiciens n’éclate jamais au grand jour. Si l’intérêt du journalisme se mesurait à la taille de la région, les rédactions suisses pourraient toutes fermer boutique et les lecteurs s’abonner au Monde ou au New York Times.

«Président de la République» et autres expressions franco-françaises

«S’il continue sa brillante carrière, il finira par devenir président de la République». Aïe. Les expressions se calquant sur le système français abondent. Elles sont dues en partie à la mauvaise traduction et à l’absence de vérification du texte par la maison d’édition. De quoi blesser fortement le bon sens des Romands. Ainsi doit-on subir les termes «Sécurité sociale» à la place d’assurance-maladie, «Ministère des finances» au lieu du Département de l’économie, «Société de médecine suisse» pour la Fédération des médecins suisses, conducteurs «du» TPG (Transports Publics genevois), la «Suisse française» au lieu de la Suisse romande, le «golf de Coligny». L’expression «Conseil d’État de Genève» répétée intégralement à chaque occurrence exaspère également: Placés dans la tête d’une journaliste genevoise, on s'attend à abandonner la précision du canton.

Des enfants plus vieux que le mariage

Au début, on apprend que la journaliste Linda a 31 ans, a deux fils de son mari, avec lequel elle est en couple depuis 10 ans. On tombe donc des nues lorsqu’on lit: «Aujourd’hui, mes fils étudient Calvin au collège comme s’il était le grand illuminé». Même en ayant eu deux jumeaux de 15 ans minimum, Linda aurait été mère à 16 ans, âge auquel elle fréquentait Jacob, qui à cette époque se contentait de lui peloter les seins. Erreur due à la traduction? Même pas: si «collège» signifiait en réalité «cycle d’orientation», les enfants auraient eu au minimum 12 ans. Le calcul ne joue toujours pas.

Une traduction digne de Google translate

La traduction du texte original écrit en portugais fait montre d'autant de style qu’une version latine d’un élève du cycle, («Jean Calvin est son nom et Genève a été son champ d’opérations»). De plus, de nombreuses phrases sont grammaticalement fausses: «Après tout, nous ne sommes pas une personne, nous sommes deux ou plusieurs, complètement différentes les unes des autres.»

Bref, Adultère est, à tous points de vue, insupportable à lire. Il est surréaliste que le roman, signé par l’un des auteurs vivants les plus lus dans le monde, ait pu être validé par Flammarion qui le publie: Comment se fait-il que personne n’ait pris la peine de vérifier la qualité de la traduction? Pourquoi le texte de Paulo Coelho n’a-t-il pas été relu par une personne connaissant Genève et la Suisse?

Par téléphone, Flammarion nous a informés que ni elle, ni l’auteur, ne souhaitaient répondre à ces questions posées par mail. La maison d'édition nous a par contre signalé que Paulo Coelho sera à disposition de la presse pour la promotion de son livre fin mai.

Note: «Adultère» Paulo Coelho, Ed. Flammarion, 314 p.

(TDG)

Créé: 16.05.2014, 15h02

Critique de Anonyme3 (, Inscrit le 6 septembre 2011, - ans) - 24 janvier 2012

Biographie de l'auteur:

Né en 1947 à Rio de Janeiro, Paulo Coelho est l'un des auteurs les plus appréciés de notre époque. Avec plus de cent millions d'exemplaires vendus dans le monde entier, ses livres ont été traduits en 71 langues et publiés dans 150 pays. Membre de la prestigieuse Académie brésilienne des Lettres, il a été nommé Messager de la paix des Nations Unies en 2007. "L'Alchimiste", son deuxième roman, paru en 1988 au Brésil, est un best-seller mondial.

Présentation de l'éditeur:

" Mon coeur craint de souffrir, dit le jeune homme à l'alchimiste, une nuit qu'ils regardaient le ciel sans lune. Dis-lui que la crainte de la souffrance est pire que la souffrance elle-même. Et qu'aucun coeur n'a jamais souffert alors qu'il était à la poursuite de ses rêves ". Santiago, un jeune berger andalou, part à la recherche d'un trésor enfoui au pied des Pyramides. Lorsqu'il rencontre l'alchimiste dans le désert, celui-ci lui apprend à écouter son coeur, à lire les signes du destin et, par-dessus tout, à aller au bout de son rêve. Merveilleux conte philosophique destiné à l'enfant qui sommeille en chaque être, ce livre a marqué une génération de lecteurs.

Mon avis:

+:Livre bien écrit (phrases bien construite et termes mystiques compréhensibles par tous), histoire touchante, facile à lire, début et fin en corrélation, histoire construite comme un conte.

-: Livre trop mystique, histoire bateau par moment, trop empruntée au "Petit Prince" d'Antoine de Saint-Exupéry, parfois mal traduit, histoire vue et revue par l'auteur (Paulo Coelho) dans ses ouvrages (Le Pèlerin de Compostelle, Sur le bord de la rivière Piedra, Je me suis assise et j'ai pleuré, La Cinquième Montagne...).

Conclusion:

Livre vendu à plus de 65 millions d'exemplaires dans le monde et qui ressemble fortement au "Petit Prince" d'Antoine de Saint-Exupéry mise au goût du jour (Ce n'est pas un reproche, juste une constatation).

Paulo Coelho nous prouve à travers ce roman (construit comme un conte) qu'il aime les mots, l'écriture, la méditation et le mystique.

L'auteur (Paulo Coelho) nous donne envie de lire.

Pour cela je luis dis Bravo.

Livre qui se lit vite et sans prise de tête.

PS: Dommage que les Romans qui suivent ''l'Alchimiste'' gardent la même trame (Le mystique, dieux et la méditation)


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